La chanteuse haïtienne Sareeh, de son vrai nom Sarah Djine Lauture, a dévoilé « Kole », le 12 février 2026, un nouveau titre accompagné d’un vidéoclip, marquant son retour sur la scène musicale après une période de pause. À travers cette sortie, l’artiste ouvre un nouveau chapitre de son parcours, qu’elle présente comme plus réfléchi et assumé.
Dans un entretien accordé à Chokarella, Sareeh revient sur cette absence et sur les raisons de son retour. « Cette période m’a permis de me recentrer, de comprendre ce que je voulais dire artistiquement et dans quelle direction je voulais évoluer. Je ne voulais pas revenir simplement pour sortir de la musique, mais pour revenir avec une vision plus claire et plus forte. Aujourd’hui, je me sens prête, autant humainement qu’artistiquement », explique-t-elle.
Interrogée sur son évolution depuis ses débuts, elle évoque un cheminement vers davantage d’affirmation : « Je dirais que mon évolution va vers plus d’authenticité et de maîtrise. Au début, je cherchais encore ma voix artistique. Aujourd’hui, je suis plus affirmée dans mes choix, dans mes émotions et dans la façon dont je raconte les histoires à travers la musique. »
Pour Sareeh, l’écriture repose sur une attention particulière aux émotions et aux relations humaines. « Mes chansons viennent d’un mélange d’expériences personnelles et d’observations du monde autour de moi. Je suis très attentive aux émotions humaines, aux relations, aux silences aussi. Ce qui compte pour moi, c’est que chaque chanson porte une vérité émotionnelle », confie-t-elle. Elle souligne également l’importance du travail collectif : « Mon équipe est fondamentale. Mon producteur m’aide à construire l’identité sonore, mon coach vocal me pousse à explorer davantage les nuances émotionnelles, et le label accompagne la vision globale. C’est un travail collectif, mais l’objectif est toujours de préserver mon identité. »
Avec « Kole », la chanteuse aborde l’attachement et la complexité des liens affectifs. « Oui, parce que les relations humaines sont rarement simples. “Kole” parle de ces liens profonds qui peuvent être beaux, intenses, mais aussi fragiles. C’est une émotion universelle, et je voulais qu’elle soit ressentie de manière intime », précise-t-elle. Elle indique avoir privilégié une interprétation axée sur la retenue : « Je me suis concentrée sur la sincérité. Je voulais que la voix transmette autant que les paroles. L’idée n’était pas de performer, mais de ressentir et de laisser passer l’émotion. »
L’image occupe également une place centrale dans sa démarche artistique. « Parce que l’image permet d’élargir l’univers du morceau. Elle donne une autre dimension à l’histoire, elle rend l’émotion plus tangible. Pour moi, musique et image doivent dialoguer », affirme-t-elle à propos du clip dévoilé le 12 février.
Concernant son identité artistique, Sareeh se définit comme « une artiste en construction mais avec une direction claire ». Elle ajoute : « Je veux proposer une musique émotionnelle, moderne et sincère, capable de toucher différents publics, sans perdre mon essence. »
L’année 2026 s’annonce comme une phase de consolidation. « 2026 sera une année de construction. Il y aura d’autres sorties, des collaborations et une volonté d’installer un univers cohérent sur la durée. Mon objectif est de bâtir quelque chose de solide, pas seulement de sortir des titres », indique-t-elle.
Si le public occupe une place importante, elle précise que celui-ci n’oriente pas ses choix créatifs : « Le public est une énergie importante. Leur manière de recevoir la musique me touche et me motive. Ça ne guide pas mes choix artistiques, mais ça me rappelle pourquoi je fais ce métier. »
Enfin, à propos de la pression liée à un retour, l’artiste affirme : « Je me concentre sur la musique. La pression existe toujours, mais je préfère la voir comme une responsabilité plutôt que comme un poids. Elle me pousse à être plus exigeante avec moi-même. » Et de conclure sur le message qu’elle souhaite transmettre : « J’espère que les gens y trouveront une émotion vraie. Si quelqu’un peut s’y reconnaître ou ressentir quelque chose d’authentique, alors la chanson a atteint son but. »
Par Ravensley Boisrond, éditeur en chef de Chokarella