“Li Se” la nouvelle chanson de Niko aborde certaines réalités socio-politiques haïtiennes

Written on 03/06/2026
LA RÉDACTION

Le chanteur, guitariste et compositeur Nicolas Millet, connu sous le nom de scène Niko, a rendu public ce vendredi 6 mars 2026 une nouvelle chanson intitulée « Li Se ». Ce morceau constitue le quatrième titre d’un projet musical qui en comptera cinq. À travers cette publication, l’artiste propose une œuvre au ton engagé dans laquelle il aborde certaines réalités socio-politiques qui marquent actuellement la société haïtienne.

La sortie de « Li Se » s’inscrit dans une série de publications entamée par l’artiste depuis plusieurs mois. Le projet, conçu comme un ensemble de cinq morceaux distincts, se veut pluriel dans ses thématiques. Avant cette nouvelle parution, Niko avait déjà dévoilé « Vin jwenn mwen », « Ou pa nan vi m ankò » et « M anvi kole », chacun explorant des registres et des sensibilités différentes.

En annonçant la mise en ligne de ce nouveau titre sur Instagram, l’artiste a tenu à préciser la place de ce morceau dans l’ensemble du projet : « Quatrième morceau du projet et cinquième sortie depuis le début de cette nouvelle aventure. Celui-ci s’adresse particulièrement à ceux qui prêtent une véritable attention aux paroles », a-t-il écrit.

Dans ce titre, l’interprète de Bòkò s’éloigne des thèmes sentimentaux présents dans ses précédentes compositions pour proposer un texte orienté vers l’observation sociale. La chanson aborde plusieurs problématiques auxquelles Haïti est confronté, tout en évoquant certaines dérives observées dans des espaces de pouvoir.

Pour traduire cette réalité, l’artiste recourt à une approche narrative particulière fondée sur une figure de style : la personnification. Ce procédé apparaît dans des paroles où il utilise l’image d’une femme pour représenter Haïti. Il l’associe à des références marquantes de l’histoire politique du pays : « Fanm sa son tonton makout, li se yon papa Dòk ». À travers ces images, l’artiste esquisse une critique qui mêle mémoire historique et observation sociale.

Par ailleurs, dans les couplets, les paroles décrivent un système où la quête de pouvoir et d’influence pousse certains acteurs à diverses compromissions. Le texte évoque ainsi des intrigues politiques, des alliances douteuses et les sacrifices consentis pour accéder ou se maintenir dans certaines sphères.

La deuxième partie de la chanson évoque également plusieurs fléaux qui affectent la société, notamment la circulation des armes, la corruption administrative et les enlèvements : « Trop malfra trop kidnapping trop dealing trop killing ». Les vers mettent aussi en évidence l’écart entre ces dynamiques de pouvoir et la réalité quotidienne d’une population souvent laissée pour compte. Dans le même esprit, Niko évoque également l’absence d’investissements essentiels pour la collectivité, notamment dans l’éducation : « Yo pap pran tan bati yon lekòl / Pandan ti pèp la anba tòl. »

Sur les réseaux sociaux, Niko explique que l’écriture de ce morceau est directement liée au contexte dans lequel il évolue et précise sa démarche : « J’ai écrit cette musique en réaction à ce qui se passe dans mon pays, car j’estime avoir une responsabilité envers mon peuple. Je ne peux pas fermer les yeux sur la situation », a-t-il affirmé. Dans le même message, il a également tenu à remercier les personnes impliquées dans la réalisation du titre : « Un grand merci à toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation de ce titre avec moi. Nous continuons d’avancer sans nous arrêter. »

Sur le plan technique, « Li Se » mobilise plusieurs collaborateurs autour de la vision artistique de Niko. Le morceau est composé par Nicolas Millet lui-même, qui assure également les parties de guitare ainsi que les arrangements vocaux en collaboration avec Wide Music. La production est confiée à BbO, tandis que PM Music (Pierre Michel Sainthiar) et T-Ansyto (Hantz Fred Mercier) interviennent comme coproducteurs. Le mixage et le mastering sont réalisés par Reynaldo Martino, tandis que la dimension visuelle du projet — captation et montage — est assurée par Summer Camp Studios.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve© Chokarella