Naomi Osaka assume sa « Black Party » malgré la polémique

Written on 05/25/2026
Ravensley Boisrond

À Paris, Naomi Osaka réunit des athlètes noirs du circuit dans un dîner privé avant Roland-Garros. Une initiative assumée qui relance le débat sur représentation et inclusion dans le tennis mondial.

À la veille du coup d’envoi de Roland-Garros, le week-end des 23 et 24 mai 2026, l’ancienne numéro un mondiale Naomi Osaka a organisé un dîner privé exclusivement destiné aux athlètes noirs du circuit. Intitulée la « Black Party », l’initiative a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux, poussant la championne nippo-haïtienne à défendre fermement sa démarche.

C’est dans le cadre feutré de la Soho House de Paris, dans le 9e arrondissement, que le rendez-vous a eu lieu. Coorganisé avec l’Américaine Taylor Townsend, ce dîner a réuni plusieurs figures du tennis mondial noir, parmi lesquelles la tenante du titre à la Porte d’Auteuil Coco Gauff, le Français Gaël Monfils, ainsi que Chris Eubanks et Asia Muhammad. Un moment de « camaraderie » et de « célébration », selon les organisatrices, immortalisé par plusieurs clichés partagés en ligne.

Mais très vite, l’événement a déclenché une vague de critiques. De nombreux internautes ont accusé la joueuse de promouvoir le communautarisme et l’exclusion au sein d’un sport qui se veut universel.

« Je ne m’excuserai jamais »

Fidèle à ses engagements militants, la quadruple championne en Grand Chelem n’a pas tardé à répliquer. Sur ses plateformes numériques, Naomi Osaka a assumé son geste sans l’ombre d’un regret : « Il y a beaucoup de choses pour lesquelles je m’excuserai dans ma vie, mais célébrer le fait d’être noire et apprécier qui nous sommes ne sera jamais quelque chose pour lequel je m’excuserai. »

Pour l’athlète de 28 ans, l’objectif n’est pas de diviser, mais de pallier un manque criant de représentativité dans une discipline historiquement très blanche. Elle s’est également confiée sur son sentiment d’isolement durant sa jeunesse : « En grandissant dans le tennis, je ne voyais pas beaucoup de personnes qui me ressemblaient. » Elle a aussi évoqué les discriminations subies par son propre père sur les courts, rappelant que la police y avait parfois été appelée sans motif valable.

Le tennis au cœur des luttes sociétales

Ce coup d’éclat s’inscrit dans la continuité du parcours militant d’Osaka. En 2020, en plein mouvement Black Lives Matter, elle avait marqué les esprits à l’US Open en arborant des masques affichant les noms de victimes afro-américaines de violences policières.

Loin d’être intimidée par les remous parisiens, la joueuse voit déjà plus loin. Elle a annoncé son intention de pérenniser le concept de la « Black Party » lors des prochains tournois majeurs, notamment à New York, en ouvrant cette fois les invitations aux professionnels noirs qui travaillent dans l’ombre et les coulisses du circuit. Sur la terre battue parisienne, les débats s’annoncent déjà aussi intenses en dehors des courts que sur la terre battue.