À quelques jours de son entrée en Coupe du monde 2026, la sélection haïtienne se retrouve contrainte de revoir son identité visuelle sur le terrain. Le maillot initialement prévu pour la compétition a été rejeté dans sa forme actuelle par la FIFA, qui estime que certains éléments du design peuvent être interprétés comme porteurs d’un message politique.
Un design rejeté par la FIFA
Le modèle en question avait été conçu par l’équipementier Saeta en collaboration avec la Fédération haïtienne de football (FHF). Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux mardi soir, l’entreprise indique que la proposition a suivi le circuit habituel de validation. « Au cours du processus d’examen, la FIFA a déterminé que certains éléments visuels pouvaient être interprétés différemment au regard de sa réglementation sur les équipements et a finalement demandé une modification du design », précise Saeta.
Dans les faits, ni la FIFA ni l’équipementier n’ont détaillé les éléments précisément concernés. Une zone d’ombre qui laisse place aux interprétations autour d’un projet pensé, selon Saeta, pour refléter « la fierté, la résilience et l’esprit du peuple haïtien ».
Une série de précédents autour des symboles haïtiens
Ce nouvel épisode s’ajoute à une série de tensions récurrentes autour des symboles et des tenues liées aux athlètes haïtiens sur la scène internationale. En février dernier, la créatrice italo-haïtienne Stella Jean avait dû revoir en urgence les uniformes de la délégation haïtienne aux Jeux olympiques d’hiver. Le Comité international olympique avait estimé qu’une représentation de Toussaint Louverture à cheval contrevenait aux règles encadrant toute forme de message politique, religieux ou racial sur les équipements officiels.
Des interprétations autour des motifs
Dans un autre registre, les tenues déjà utilisées par les Grenadiers lors des éliminatoires avaient elles aussi suscité des débats. Certains supporters s’étaient interrogés sur la présence de motifs géométriques pouvant évoquer des vèvès, éléments associés aux pratiques vodou.
Pour Saeta, le projet initial du maillot du Mondial s’inscrivait dans une démarche de représentation culturelle travaillée sur plusieurs mois. « Le design final se voulait un hommage aux femmes et aux hommes qui contribuent chaque jour à l’avenir d’Haïti et n’avait pas vocation à constituer une déclaration politique », ajoute l’entreprise.
Une préparation sous contrainte à l’approche du Mondial
La décision intervient alors que la sélection haïtienne se prépare à retrouver la scène mondiale, une première depuis 52 ans. Les Grenadiers doivent débuter leur parcours le 13 juin face à l’Écosse à Boston, avant d’affronter le Brésil à Philadelphie puis le Maroc à Atlanta.
Sur le terrain logistique, la Fédération haïtienne de football avait déjà confirmé la nécessité d’utiliser un autre jeu de maillots pour la compétition, alors que les ajustements demandés par l’instance internationale s’imposaient en urgence à l’approche des matchs.
Au-delà du terrain, l’engouement autour de cette qualification historique se traduit aussi dans les stands et sur les plateformes de vente. La demande pour les maillots officiels a fortement augmenté, dans un contexte où Saeta, partenaire de la sélection depuis l’après-séisme de 2010, peine à suivre le rythme des commandes, laissant également place à une circulation de produits non officiels.