Après Manno Sanon, Wilson Isidor écrit sa propre page

Written on 06/25/2026
Ravensley Boisrond

Pendant quelques minutes à Atlanta, Haïti a cru revivre un chapitre que le football national n’avait plus connu depuis des décennies. Une frappe de Wilson Isidor, partie de loin et logée dans la lucarne marocaine, a replacé les Grenadiers devant au score. Au-delà du match, ce but a surtout mis fin à une attente qui remontait à 1974.

La sélection haïtienne s’est inclinée 4-2 face au Maroc mercredi 24 juin au Mercedes-Benz Stadium lors de son dernier match du groupe C de la Coupe du monde 2026. Mais la rencontre a aussi permis à Wilson Isidor d’entrer dans une catégorie jusque-là occupée par un seul nom : Emmanuel « Manno » Sanon.

Une attente de plus d’un demi-siècle

Dans l’histoire des phases finales de Coupe du monde, aucun joueur haïtien n’avait marqué depuis les réalisations de Sanon contre l’Italie et l’Argentine lors du Mondial 1974 en Allemagne de l’Ouest. Cinquante-deux ans plus tard, l’attaquant de Sunderland met fin à cette longue période sans but haïtien sur la scène mondiale.

Le parcours d’Haïti dans ce Mondial s’inscrit dans un contexte différent de celui de 1974, mais le symbole reste important. Le but d’Isidor offre à cette génération une place particulière dans les archives du football haïtien.

Le but qui change la lecture du match

Le scénario du match a pourtant entretenu le doute pendant plusieurs minutes. Dès la 10e minute, les Grenadiers ont ouvert le score à la suite d’une action menée par Jean-Kévin Duverne. D’abord attribué à Lenny Joseph, le but a finalement été requalifié par la FIFA comme un contre-son-camp du gardien marocain Yassine Bounou.

Cette décision donne une portée particulière à la réalisation inscrite par Wilson Isidor à la 43e minute. Alors que les deux équipes étaient à égalité, l’attaquant haïtien a décoché une frappe lointaine qui a permis à Haïti de reprendre l’avantage avant la pause.

Pendant quelques instants, les Grenadiers ont ainsi mené 2-1 face à l’une des équipes les plus expérimentées du tournoi.

Une élimination, mais un repère pour cette génération

Le Maroc est revenu au score dans le temps additionnel de la première période avant de faire la différence en seconde mi-temps. Les buts de Soufiane Rahimi puis de Yassine Gessime ont permis aux Lions de l’Atlas de s’imposer 4-2 et de poursuivre leur parcours dans la compétition.

Pour Haïti, l’aventure s’achève après trois défaites contre l’Écosse, le Brésil et le Maroc. Pourtant, au moment de dresser le bilan, une image restera associée à cette participation : celle de Wilson Isidor levant les bras après son but à Atlanta.

Un geste qui relie deux générations séparées par plus d’un demi-siècle. D’un côté, Manno Sanon en 1974. De l’autre, Wilson Isidor en 2026. Entre les deux, cinquante-deux ans d’attente et une page supplémentaire dans l’histoire du football haïtien.