Juriste, romancière, journaliste et militante sociale, Wooselande Isnardin poursuit son parcours entre engagement intellectuel et création littéraire. Le 1er mai dernier, elle a présenté à Paris son deuxième ouvrage, Le Courage d’exister, un roman qui aborde les questions de résilience et de dignité humaine. Dans un entretien accordé à Chokarella, l’auteure revient sur son parcours, les motivations de ce nouveau livre et son rapport à l’écriture.
« Je m’appelle Wooselande Isnardin. Je suis juriste, romancière, journaliste et militante sociale. Je suis passionnée par les mots, la réflexion et les réalités sociales », explique-t-elle d’entrée. Une manière de présenter un travail d’écriture qu’elle considère comme un espace d’expression et de réflexion sur les réalités contemporaines.
Parallèlement à son activité littéraire, l’auteure poursuit des études en droit à Université Notre-Dame d’Haïti. Installée à Paris depuis 2025, elle se spécialise en droit public. Elle évolue également dans le domaine du journalisme, en s’intéressant notamment aux questions sociales, éducatives et sanitaires, tout en collaborant avec le Réseau Haïtien des Journalistes de la Santé.
À ces activités s’ajoute une démarche culturelle avec la création de « Hérit’Haïti : Mémoire, Art & Patrimoine », une structure consacrée à la valorisation du patrimoine haïtien.
Une écriture nourrie par l’expérience et les réalités sociales
Wooselande Isnardin se décrit comme « une personne engagée, curieuse et profondément humaine ». « Mes proches disent que je suis une humaniste. J’aime comprendre les autres et réfléchir sur le monde qui nous entoure », raconte-t-elle.
L’écriture prend une place importante dans sa vie dès l’adolescence. À 17 ans, elle rédige son premier roman, Je dois renaître, publié trois ans plus tard. Après une interruption de plusieurs années, elle revient avec Le Courage d’exister. « L’écriture a toujours été pour moi un moyen d’exprimer la réalité à travers la fiction », affirme-t-elle.
Au fil de l’entretien, la romancière évoque aussi ses influences littéraires et intellectuelles. Elle cite notamment Jacques Roumain, Jean Price-Mars, Anténor Firmin, Paulo Coelho et Gary Victor, tout en soulignant l’importance du vécu dans sa manière d’écrire.
Un récit autour de la résilience et de la reconstruction
Dans ce deuxième roman, l’auteure développe une histoire marquée par les violences sociales et les parcours de reconstruction personnelle. Le récit suit une jeune fille confrontée à une rupture brutale : « Sa dignité est piétinée, sa seule famille lui est arrachée ». Face à cette situation, le personnage doit choisir entre « rester à terre ou trouver le courage de se relever, de se battre contre les injustices et d’exister dans un monde parfois cruel ».
Le livre aborde plusieurs thèmes, parmi lesquels l’injustice sociale, la résilience, l’amour et la trahison. « C’est le besoin de donner une voix à ce qui est souvent ignoré ou banalisé », confie l’écrivaine. Une approche qui inscrit son travail dans une fiction directement liée aux réalités sociales contemporaines.
Entre pauses, doutes et persévérance
L’écriture du roman s’est étendue sur plusieurs années. Commencé en 2023, Le Courage d’exister a finalement été publié en 2026. « Écrire un livre, ce n’est pas seulement écrire, c’est aussi se confronter à soi-même », explique l’auteure.
La publication du livre représente également un défi, notamment pour les jeunes auteurs. Forte de l’expérience de son premier ouvrage, elle a toutefois pu compter sur le soutien de son éditeur pour mener ce nouveau projet à terme. Malgré les contraintes liées au processus éditorial et les périodes de doute, elle dit avoir retenu l’importance de croire en son travail.
Le 1er mai 2026, une vente-signature a été organisée à Paris, au 5 rue Édouard-Pailleron. Un rendez-vous que l’auteure décrit comme « émouvant et symbolique ». « Voir son travail rencontrer le public est un moment fort », souligne-t-elle. Elle considère également cette rencontre comme un espace d’échange avec les lecteurs : « J’attends surtout des retours sincères, et peut-être que certaines personnes se reconnaîtront dans mes mots ».
Poursuivre l’écriture
Après la publication de Le Courage d’exister, Wooselande Isnardin indique vouloir continuer à écrire. « L’écriture ne s’arrête pas avec un livre ou deux. J’ai d’autres idées, d’autres histoires que j’aimerais développer », dit-elle.
À celles et ceux qui souhaitent se lancer dans l’écriture, elle adresse un conseil direct : « Ne pas attendre d’être parfaits pour commencer. Il faut se lancer maintenant. »
Concernant la disponibilité du roman, l’auteure précise : « Il n’est pas encore disponible sur Amazon. Je suis actuellement en pourparlers avec l’éditeur afin qu’il soit distribué dans certaines librairies en Haïti. »

