C’est une voix plurielle, solaire, qui a fait vibrer la capitale espagnole. Le dimanche 21 juin 2026, la chanteuse franco-haïtienne Naïka a investi la scène du festival Noches del Botánico, installé dans le cadre verdoyant du Real Jardín Botánico Alfonso XIII, pouvant accueillir de 1 500 à 3 500 personnes. En pleine tournée européenne pour son premier album Eclesia, l’artiste a livré une performance habitée, portée par la célébration du métissage culturel, devant un public madrilène conquis.
À Madrid, vers 20 h 30, selon les informations disponibles, Naïka est montée sur scène. Une entrée qui ne semble pas impressionner cette artiste habituée aux grands écarts géographiques, née à Miami et ayant grandi entre le Vanuatu, le Kenya et l’Afrique du Sud. Dès les premières notes, elle impose son univers : une fusion de pop, de R&B, de soul et de konpa haïtien.
Selon les images disponibles que Chokarella a pu visualiser, dans le public, les corps suivent le rythme. L’effet est immédiat. Naïka n’est pas seulement une voix ; elle se présente comme une passeuse de cultures. Son premier album, Eclesia, traduit cette idée de rassemblement, un terme emprunté au grec ancien désignant une assemblée de citoyens.
« Construire mon propre monde »
Interrogée récemment par le magazine Marie Claire, la chanteuse évoquait la genèse de ce projet personnel : « Franco-haïtienne, polyglotte et profondément connectée à mon héritage, je voulais construire mon propre monde avec Eclesia. C’est un manifeste musical à mon image. »
Cette recherche identitaire traverse l’ensemble de son répertoire. Pour elle, la musique dépasse les frontières et se construit dans l’instinct. « Ma première source d’inspiration, c’est l’émotion », confiait-elle au média culturel S-Quive lors du lancement de sa tournée. « Cet album est une introduction au monde dans lequel j’évolue, aux différents sons qui m’ont bercée. »
Un pont entre les cultures
À Madrid, cette rencontre a pris une dimension particulière. En ouverture de soirée, avant le concert du guitariste flamenco Yerai Cortés, Naïka a confirmé la place de la musique comme espace de dialogue entre les cultures.
Entre rythmes caribéens et arrangements pop urbains, elle a transformé le jardin botanique en scène à ciel ouvert.
Sur ses réseaux sociaux, l’artiste a exprimé son émotion après le concert, évoquant « toutes les bénédictions reçues à Madrid ». Après avoir traversé plusieurs scènes en Égypte, à Londres et en France, Naïka poursuit sa tournée. Une voix à suivre, qui continue d’écrire, note après note, la bande-son d’un univers sans frontières.

