Née à Miami de parents haïtiens, la chanteuse Naïka, de son vrai nom Victoria Naika Richard, a dévoilé ce vendredi 20 février son premier album, « Eclesia ». Révélée en 2019 avec le titre « Sauce », l’artiste construit depuis plusieurs années un parcours marqué par des influences multiples, à la croisée du Konpa, du R’n’B et de la Pop.
Composé de 13 titres, “Eclesia” se distingue par un mélange de créole, de français et d’anglais. L’album reflète les déplacements de la chanteuse, son environnement familial et les sonorités qui ont accompagné son enfance. Interrogée lors de la promotion de son projet, elle explique : « Pour moi, ce projet, c’est mon premier album, donc une vraie introduction à qui je suis. C’est une introduction au monde dans lequel j’évolue, aux différents sons qui m’ont élevée et qui m’ont bercée. » A-t-elle déclaré aux médias durant la promotion de la sortie de son album.
Dans Eclesia, l’artiste alterne les langues et revendique des influences caribéennes, notamment dans des titres comme « One Track Mind », produit par Michaël Brun, « What a Day » ou « Soleil ». « Oui, c’est très important pour moi de me présenter aux gens et qu’ils comprennent pourquoi ma musique est telle qu’elle est et qui je suis en tant qu’artiste », a-t-elle déclaré aux médias durant la promotion de la sortie de son album. Elle revient également sur son enfance marquée par des déménagements fréquents : « J’ai eu le privilège de grandir aux quatre coins du monde à cause du travail de mon père. » A-t-elle déclaré aux médias.
L’album laisse aussi place à des titres plus introspectifs. À propos de « Message in a Bottle », elle reconnaît : « Oui, c’est un titre très vulnérable. » Interrogée sur la chanson la plus intime du projet, elle précise : « Mais c’est vrai que quand la question est plus ciblée, plus intime, je dirais que c’est celle-ci. »
Si elle devait associer « Eclesia » à un territoire, elle évoque les États-Unis, où elle est née et où elle a étudié. « C’est un pays qui représente ce carrefour culturel », explique-t-elle, soulignant l’importance des diasporas dans cette dynamique et rappelant son attachement à Miami ainsi qu’à son passage par l’université de Boston.
Depuis « Sauce », sa trajectoire a pris une envergure internationale. Elle évoque un apprentissage permanent : « Je me considère toujours comme une étudiante dans tout ce que je fais. » Elle note également son évolution personnelle : « Même aujourd’hui, alors que je suis arrivée au bout de cet album, je réalise que je ne suis déjà plus la même personne, ni la même créatrice qu’au début de ma carrière. »
En parallèle de son activité musicale, Naïka a collaboré avec des maisons telles que Fendi et Maison Margiela. Elle rattache son intérêt pour la mode à son histoire familiale, marquée par le commerce de tissus en Haïti. « Je vois vraiment la mode comme une forme d’art », souligne-t-elle.
L’artiste a également participé à une session organisée par la Recording Academy, au cours de laquelle elle a revisité « Woman » de Doja Cat. « Ils m’ont ensuite laissé une totale liberté créative pour imaginer la vidéo et l’arrangement », précise-t-elle.
Une tournée débutera à la fin du mois de février, avec deux dates prévues à Paris, le 5 mars à l’Élysée Montmartre et le 8 mars à la Salle Pleyel. « I’m nervous, mais je suis prête et surtout j’ai hâte », confie-t-elle, évoquant l’envie de renforcer le lien avec le public.
Enfin, interrogée sur les réalités du secteur musical, elle indique vouloir se préserver des critiques malveillantes : « J’esquive les commentaires malveillants. J’ai du mal à comprendre les personnes qui prennent le temps de rabaisser les autres. »
L’album “Eclesia” est disponible en streaming partout.
Par Ravensley Boisrond, éditeur en chef de Chokarella

