Le thriller psychologique haïtien “The Box“, réalisé par Jeff Léona, fera sa première européenne au Rapport Festival of Film 2026, prévu du 27 au 29 mars au Ritzy Picturehouse de Brixton, à Londres. Le court-métrage de 39 minutes sera projeté le samedi 28 mars, lors de la deuxième journée du festival, dans le Bloc 4 : Confrontation & Conséquence, à 13h30. The Box avait déjà été retenu à l’”African Film Festival” au Kenya, confirmant son rayonnement international.
Au centre de l’intrigue, Naella, interprétée par Berline Chassagne, une jeune Haïtienne stagiaire dans la mode, se réveille enfermée dans un conteneur scellé, avec des souvenirs fragmentaires des heures précédentes. Ce qui devait être un contrat international « de rêve » se transforme rapidement en cauchemar. Alors que le temps s’écoule et que l’oxygène vient à manquer, elle lutte contre la panique et la paranoïa, tentant de reconstituer les événements qui ont conduit à son emprisonnement. Le film pose une question glaçante : « Y a-t-il une vie au-delà de la boîte ? »
Pour Jeff Léona, The Box fonctionne comme une allégorie des réalités étouffantes dans certaines sociétés contemporaines. Le réalisateur y explore les conditions d’enfermement en Haïti et en République démocratique du Congo, évoquant l’instabilité politique, la violence des gangs et l’effondrement des systèmes. Il explique : « Mes films explorent les fissures silencieuses de la résilience humaine, là où le traumatisme rencontre l’endurance, où les systèmes défaillants façonnent des batailles silencieuses. Haïti m’a appris à filmer ce que les autres négligent. Si ma caméra vous met mal à l’aise, c’est parce que la guérison commence par voir clairement. »
Produit par Vicky Plancher, Felisna Richemond, Johnford Bellune et Jeff Léona, et scénarisé par Hestel Dorno et Léona lui-même, le film réunit une distribution de jeunes talents haïtiens : Berline Chassagne, Louvemie-Carth Guillaume, Wenslow Dussiau, Phara Sylné, Harrysson Janis et Djuseka Lormil. À travers sa société ProSmart Films, Léona s’est fait connaître pour des œuvres qui exposent des tabous sociaux avec authenticité, telles que Karantèn, Anpriz, Envizib et Atirans Fatal. Selon lui, The Box est « son œuvre la plus resserrée et internationalement résonnante à ce jour, un voyage tendu de 39 minutes dans une vérité géopolitique déguisée en thriller. »
Le film illustre également la volonté du cinéaste de créer des récits haïtiens ayant une portée universelle. À travers le confinement de Naella, la caméra devient un outil pour explorer les injustices et les systèmes d’exploitation mondiaux, en donnant une voix vulnérable. Léona insiste : « Si ma caméra vous met mal à l’aise, c’est parce que la guérison commence par voir clairement. » Cette approche combine suspense psychologique et dimension socio-politique, offrant au spectateur une expérience à la fois intensive et réflexive.
Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve© Chokarella

