Dachcka Louis, un parcours entre radio, télévision et animation d’événements

Written on 03/12/2026
LA RÉDACTION

Animatrice et présentatrice, Dachcka Louis a construit, au fil des années, un parcours marqué par l’apprentissage du direct et le contact avec le public. De ses premières expériences à Radio Mega à son passage à Radio Télé Pacific, puis à la Radio Télévision nationale d’Haïti (RTNH) et à Chokarella (The Morning Show), elle a évolué dans l’univers de la communication, entre animation, présentation et entrepreneuriat. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, Chokarella se penche sur le parcours de cette professionnelle des médias et sur sa volonté d’utiliser sa voix pour porter des messages significatifs.

Les débuts de Dachcka Louis remontent à une expérience collective à Radio Mega. Avec quelques amis, elle participe à une émission matinale. L’expérience était courte, mais elle reste déterminante pour la suite de son parcours. « J’ai commencé à Radio Mega où je devais, avec plusieurs amis, participer à un show du matin. Ça n’a pas duré longtemps », raconte-t-elle. Peu après, une opportunité se présente à Radio Télé Pacific. Elle se rend à l’entrevue et obtient le poste, amorçant ainsi une série d’expériences dans les médias. « Tout de suite après, il y avait des postes vacants à Radio Télé Pacific. J’ai été à l’entrevue et les bonnes expériences se sont enchaînées depuis dans les médias », explique-t-elle.

L’intérêt pour les médias ne s’est pourtant pas imposé immédiatement. Au départ, rien ne la destinait clairement à ce secteur. « En fait, je ne l’étais pas, ou allons dire que je ne savais pas encore si ce secteur m’attirait », confie-t-elle. Le déclic survient pendant ses années d’études au Collège Marie Dominique Mazzarello. Élève timide, elle est un jour désignée par la direction de l’établissement pour prononcer le mot du jour devant ses camarades. Ce moment devient un tournant : « Timide chez les sœurs du Collège Marie Dominique Mazzarello, un beau jour, la directrice m’a désignée pour le mot du jour du lundi. Et me voilà qui suis tombée amoureuse du micro. »

Si aucune rencontre précise n’a marqué un point décisif dans sa carrière, Dachcka Louis souligne le rôle de son entourage : « Ce n’est pas une rencontre en particulier, mais plutôt mon entourage, après chaque prestation, qui n’hésitait pas à me féliciter et surtout cette joie débordant mon cœur à chaque fois que je tiens le micro. »

Son arrivée à la télévision constitue une étape majeure. Elle se souvient de son premier jour comme coanimatrice de l’émission « Samedi Show », diffusée en direct sur Télé Pacific. L’annonce suscite un mélange de joie et d’appréhension : « Je me rappelle encore le premier jour qu’on m’a annoncé que j’allais coanimer Samedi Show en live sur Télé Pacific. Seigneur ! J’étais partagée entre joie et peur. » Mais très vite, face au public, l’appréhension disparaît. « Mais, en plein dans l’action, la peur avait disparu pour laisser place à l’excitation du moment et faire plaisir au public se tenant devant moi », raconte-t-elle.

L’expérience du journal télévisé est plus exigeante. Il faut respecter une forme stricte, plus rigoureuse que celle de l’animation. « Le journal était moins décontracté. Il y avait la forme que je devais respecter », explique-t-elle. Après quelques ajustements sur le plateau, elle parvient à trouver ses repères : « C’était une belle expérience. »

Au fil des années, Dachcka Louis adopte une approche basée sur l’amélioration continue. « Le défi majeur était que je devais me surpasser. Chaque jour, offrir une prestation meilleure que celle d’hier », confie-t-elle. Cette exigence personnelle devient progressivement le moteur de son évolution professionnelle.

Parallèlement à ses activités médiatiques, elle est sollicitée pour animer des événements publics. Cette activité lui permet de garder un contact direct avec son public. « J’aime avoir le contact avec mon public, que ce soit un public jeune ou âgé », explique-t-elle. Son premier mariage animé survient de manière inattendue. Une amie lui demande de la remplacer. D’abord réticente, elle finit par accepter : « Une amie m’a demandé de la remplacer. J’ai dit non. Mais elle a tellement insisté que j’ai fini par dire oui. » Cette expérience l’encourage à poursuivre dans cette voie. « C’était tellement bien que je me suis dit que je devais continuer à le faire. »

Dachcka Louis évoque aussi les figures du secteur médiatique haïtien qui ont marqué son regard : « J’ai toujours aimé le savoir-faire de Marie Denise Chandler et la belle voix de Daphney Lemoine, que je prenais toujours plaisir à entendre. » Elle revient sur les différentes étapes de sa carrière : quatre années à Pacific, deux ans à la Radio Télévision Nationale d’Haïti (RTNH), puis une année de collaboration avec Chokarella (The Morning Show). « Chaque pas m’a permis d’être la Dachka que je suis aujourd’hui », affirme-t-elle. Elle ajoute : « Je ne pense pas avoir brûlé les étapes. Et je ne pense pas encore être celle que je rêve. Le chemin est encore long, mais avec Dieu j’y parviendrai. »

Au-delà de ses activités médiatiques, elle développe des projets entrepreneuriaux. Sa voix devient un outil de communication pour ses initiatives : « J’utilise la voix pour mon entreprise en termes de communication et de marketing. » Pour gérer ses différentes responsabilités, elle privilégie une organisation méthodique. « Je me dis toujours : un jour à la fois. Sinon l’un empiétera sur l’autre. Et je m’assure toujours de respecter mes responsabilités. »

Interrogée sur la place des femmes dans les médias, elle observe des avancées. « On a fait du progrès. Le nombre de femmes derrière la caméra, avec le micro, a considérablement augmenté », note-t-elle. Selon elle, cette évolution reflète une plus grande confiance des femmes dans leurs ambitions professionnelles : « Les femmes n’ont plus autant peur d’aller chercher ce qu’elles veulent. » Elle souligne cependant la nécessité d’une meilleure structuration du secteur pour accompagner les jeunes qui souhaitent s’y engager.

Pour l’avenir, Dachcka Louis souhaite poursuivre sa formation et approfondir son parcours académique. Elle travaille actuellement sur son mémoire d’économie tout en réfléchissant à de nouveaux projets : « Je me forme davantage afin d’utiliser ma voix pour véhiculer des messages forts. » Quant à la suite, elle préfère laisser le temps décider : « Ce n’est certainement pas la dernière interview de Chokarella et moi. » Son histoire dans les médias, encore en construction, continuera ainsi de s’écrire au fil des expériences et des projets.

Par Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve© Chokarella