En mai 2020, en pleine pandémie de Covid-19, la chanteuse franco-haïtienne Naïka, de son vrai nom Victoria Naïka Richard, accordait une interview à Carel Pedre. À cette période, l’artiste évoquait son parcours et ses projets musicaux, alors qu’elle commençait à se faire une place sur la scène pop internationale.
Née le 2 mars 1998 à Miami de parents haïtien et français, Naïka a grandi entre plusieurs continents, notamment en Afrique, en Europe et dans les Caraïbes. Cette enfance marquée par les déplacements et les rencontres culturelles influence son approche de la musique. « Depuis ma naissance, j’ai vécue à travers plusieurs pays du monde, parce que le travail de mon père l’exige à déménager souvent », expliquait-elle lors de cet entretien.
Très tôt, elle développe un intérêt pour la musique et l’écriture. Lorsqu’elle vivait au Kenya, un professeur passionné de musique classique l’encourage à enregistrer sa première chanson en studio. « A cette époque, je rendais ma mère folle à la maison puisque j’ai chanté des chansons d’opéra tout le temps à la maison », racontait-elle.
Au fil du temps, Naïka construit un univers musical nourri d’influences diverses, mêlant pop internationale, soul et sonorités afro-caribéennes. Elle décrit elle-même son style comme de la « world pop ». L’artiste compose et interprète ses chansons en plusieurs langues, notamment en anglais, en français et en créole haïtien.
Ses premiers pas dans l’industrie musicale passent par plusieurs singles, dont « Before He Falls », « Ride »ou encore « Oh Mama », diffusés sur les plateformes numériques. Mais c’est avec une version revisitée du titre « Papa Gede » (Bel Gason) que la chanteuse attire l’attention d’une partie du public haïtien. La chanson circule largement en ligne et contribue à faire connaître son nom.
Dans les années qui suivent cette interview, l’artiste poursuit la publication de nouveaux projets. Elle sort notamment les EP Lost in Paradïse Pt. 1 en 2020 — qu’elle présentait alors au micro de Carel Pedre — puis Lost in Paradïse Pt. 2 en 2021 et Transitions en 2022. Plusieurs titres issus de ces projets, comme 1+1 ou 6:45, circulent sur les plateformes de streaming.
Parallèlement, Naïka multiplie les prestations sur scène et les participations à des événements musicaux, ce qui lui permet d’élargir progressivement son audience. Cette évolution s’inscrit dans une trajectoire construite autour d’une identité artistique marquée par le croisement de différentes influences culturelles.
Plus récemment, la chanteuse a franchi une nouvelle étape avec la sortie de son premier album studio, Eclesia, le 20 février 2026. Ce projet rassemble différentes influences musicales présentes dans son parcours, mêlant pop, R&B, rythmes afro et sonorités caribéennes, dont le compas.
À travers cet album, Naïka propose un projet qui reflète les différentes cultures qui ont marqué son itinéraire personnel. La sortie d’ « Eclesia » intervient plusieurs années après cette interview de 2020 et s’inscrit dans la continuité d’un parcours artistique entamé bien avant.
Par Youbens Cupidon © Chokarella

