La chanteuse haïtienne Magdaline Mytil a dévoilé le samedi 21 mars 2026 son nouveau morceau « M te renmen w » sur les plateformes de streaming musical. Ce retour marque la fin d’une période de plusieurs années pendant lesquelles l’artiste s’était faite discrète.
Interrogée sur cette absence, Magdaline explique : « Cette période correspondait à un moment de recul. J’avais besoin de prendre du temps pour moi, pour réfléchir à mon parcours et à la direction que je voulais donner à ma musique. » Elle précise que ce silence artistique résultait à la fois de choix personnels et de circonstances extérieures : « C’était un mélange des deux. Il y avait des choix personnels, mais aussi des réalités qui ont influencé ce temps de pause. »
Le retour de Magdaline n’a pas été impulsif. « Revenir n’était pas une décision soudaine, c’était une nécessité intérieure. J’ai senti que tout ce que j’avais vécu… les doutes, les blessures, mais aussi la croissance devait se transformer en musique. Aujourd’hui, je ne reviens pas pour reprendre là où j’étais… Je reviens avec une voix plus consciente, plus mature, plus libre, et surtout plus fidèle à qui je suis », confie-t-elle. Pour l’artiste, le moment était venu lorsqu’elle a retrouvé une « certaine clarté dans ma vision artistique et l’envie de créer de manière plus sincère. » Ce processus s’est installé progressivement : « Il n’y a pas eu de moment précis, mais plutôt un processus qui s’est installé avec le temps. »
Le nouveau morceau de Magdaline, « M te renmen w », explore un univers intime. Selon elle, « Elle raconte un amour sincère, presque naïf, qui se heurte à une réalité plus froide. C’est un univers doux en surface, mais chargé de non-dits et de blessures silencieuses. M te renmen w, c’est la douceur d’un “je t’aime” qui fait mal. » L’artiste poursuit : « À travers ce titre, je voulais parler de ces amours où l’on donne tout, sans forcément être choisi en retour. C’est une manière d’assumer la vulnérabilité, de dire que même quand ça ne dure pas… ce qu’on a ressenti était vrai. Aimer ne garantit pas d’être choisi. »
Cette chanson reflète également son évolution artistique. « Je pense que cette chanson ne marque pas un changement, mais un approfondissement. J’ai toujours été dans l’émotion et la sincérité, mais aujourd’hui, je les porte avec plus de conscience. Il y a moins d’innocence, mais plus de vérité. Moins de projection… et plus d’ancrage. C’est la même voix, mais habitée différemment. Je n’ai pas changé d’âme, j’ai simplement appris à l’habiter autrement. »
Magdaline Mytil décrit son identité musicale actuelle comme étant « en construction, mais plus affirmée qu’avant. Elle repose sur une recherche d’authenticité. » Elle indique que son retour pourrait ouvrir la voie à de nouveaux projets, sans en préciser la nature : « Il y a des réflexions en cours, mais rien n’est encore officiellement annoncé. » Son objectif reste de « continuer à créer, à évoluer et à proposer des projets cohérents avec ce que je suis aujourd’hui. » Elle adresse un message à ceux qui la redécouvrent : « Merci pour l’attention et la patience. J’espère que ce nouveau chapitre pourra trouver un écho auprès d’eux. »
Passionnée par les arts sous toutes leurs formes — musique, cinéma, photographie, peinture, danse — Magdaline Mytili a commencé sa carrière professionnelle en 2019 avec le single « Banm atansyon ». Sa voix, à la fois douce et posée, s’est exprimée à travers plusieurs titres, dont « Lanmou sa » sorti il y a deux ans. Elle évolue dans des styles variés, mêlant compas, RnB, soul et jazz, et a participé à la 14ᵉ édition du festival international de jazz de Port-au-Prince (PAP JAZZ).
La musique représente pour elle un refuge constant : « La musique représente pour moi bien plus qu’une passion. C’est une sorte de refuge, elle est là quand je suis heureuse mais aussi quand je suis triste et bouleversée. Même quand je ne chante pas, dans mon esprit, il y a toujours une mélodie que je fredonne. » Magdaline figure parmi les dix finalistes de l’édition 2022 du prix Découvertes RFI et a participé à plusieurs concours, dont « Je chante comme Lionel » en 2018 et Restavèk Freedom en 2016, ce qui a contribué à sa visibilité sur la scène musicale haïtienne.
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