Alexandra Barbot parmi les finalistes de The People’s Artist

Written on 05/30/2026
Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve

Quelques semaines avant les dernières étapes du concours « The People’s Artist », Alexandra Barbot parle déjà d’un lycée à rouvrir, d’un film à terminer et d’un espace culturel à agrandir. Pour la peintre haïtienne installée à Miami, la compétition dépasse le cadre d’une simple reconnaissance artistique.

L’artiste figure parmi les dix finalistes de « The People’s Artist », un concours national soutenu par Johnny Depp au profit de l’organisation californienne The Art of Elysium. Le concours réunit des artistes de plusieurs régions des États-Unis autour d’un système de sélection qui combine différentes étapes éliminatoires et le vote du public en ligne.

Les quarts de finale doivent se tenir du 19 au 25 juin 2026, suivis des demi-finales du 26 juin au 2 juillet. La finale est prévue du 3 au 9 juillet. À la clé : une bourse de 25 000 dollars, une apparition dans Artforum Magazine ainsi qu’une possibilité d’exposition au Art Salon de The Art of Elysium à Los Angeles.

Dans le paysage artistique haïtien contemporain, Alexandra Barbot construit depuis plusieurs années un travail marqué par l’impressionnisme et les questions liées à la mémoire, à l’identité et à la résilience. Ses œuvres, déjà présentées dans plusieurs expositions internationales, naviguent aussi entre spiritualité, mouvement et expérience humaine.

Mais dans le communiqué transmis à la presse, l’artiste met surtout l’accent sur ce que cette visibilité pourrait permettre au-delà de son parcours personnel. Si elle remporte le concours, Alexandra Barbot prévoit d’utiliser les fonds pour soutenir plusieurs projets culturels et communautaires. Parmi eux : une contribution à la réouverture du Lycée Toussaint Louverture, le développement de son projet de film historique « Dussabe » et l’agrandissement de son studio d’art à Miami afin d’en faire un espace culturel plus accessible.

« Remporter cette compétition ne changerait pas seulement ma vie en tant qu’artiste. Cela permettrait de rouvrir des opportunités éducatives, de préserver les récits caribéens à travers le cinéma et de créer un espace culturel durable dédié à l’art, à la créativité et à l’autonomisation », déclare-t-elle.

En parallèle de cette compétition, Alexandra Barbot poursuit justement le développement de « Dussabe », un projet cinématographique présenté comme une exploration de l’histoire et de l’identité caribéennes. Une manière pour l’artiste d’étendre son travail au-delà de la peinture, tout en restant connectée aux récits haïtiens et caribéens.

Cette participation prend aussi une dimension symbolique pour une partie de la diaspora haïtienne évoluant dans les milieux artistiques aux États-Unis. Alexandra Barbot dit vouloir encourager les jeunes créateurs à croire dans leurs propres histoires et leurs visions.

« Cette opportunité est plus grande que moi. L’art ne devrait pas seulement inspirer les gens il devrait aussi construire quelque chose de durable pour les générations futures », ajoute-t-elle.

Entre concours artistique, projet de film et ambitions communautaires, Alexandra Barbot semble vouloir transformer cette visibilité en point d’appui pour des projets qui dépassent largement les murs d’une galerie.