Ce que « Sonje » de Kabysh raconte vraiment

Written on 06/23/2026
Ann-Olguetty Loodjenny Dieuve

Dans « Sonje », la mémoire familiale ne sert pas de décor. Elle devient matière première. Une manière de revenir à un lakou qui continue de vivre même quand on s’en éloigne. C’est dans cet espace intime que Kabysh installe son nouveau single, sorti le 12 juin 2026 et disponible sur les plateformes numériques.

Le morceau s’ancre dans Fonds-des-Nègres, commune d’origine de la famille maternelle de l’artiste en Haïti. Il convoque des scènes ordinaires : une cour familiale, des conversations entre générations, des vacances partagées, des liens de voisinage. Des fragments de vie qui deviennent ici une trame musicale centrée sur la transmission et la continuité.

Une chanson née dans l’instant

Dans un communiqué transmis à la rédaction de Chokarella, la genèse du titre est décrite comme spontanée. Guitare à la main, entouré de quelques proches, Kabysh pose les premières lignes d’une composition portée par l’émotion et le retour aux origines.

Le morceau s’inscrit dans une trajectoire où l’artiste, membre du groupe Gwolobo, poursuit également un travail en solo. Une démarche qui navigue entre ancrage collectif et exploration personnelle, avec un fil conducteur : la mémoire comme point de départ.

La parole aux souvenirs

« Pour moi, Sonje est une invitation à se remémorer et retourner vers ce qui nous construit. Cette chanson me ramène à Fonds-des-Nègres, à ma famille, à ma grand-mère qui préparait du café le matin pour tout le monde. Elle me rappelle que nos racines continuent de vivre à travers nos souvenirs et nos relations avec les autres », confie Kabysh dans le communiqué.

Au-delà du récit personnel, « Sonje » interroge la manière dont les souvenirs structurent l’identité, entre héritage familial et expérience collective. Le lakou, évoqué en filigrane, agit ici comme un espace de continuité sociale et culturelle.

Quand la musique passe à l’écran

La portée du titre dépasse également le champ musical. Le morceau apparaît dans le film The Tropic Sun and His Eyes, réalisé par Elisée St Preux. Le long-métrage, sélectionné au Tribeca Festival, ouvre à la chanson un autre terrain de lecture, entre image et mémoire sonore.

Une circulation entre héritage et création

Dans cette circulation entre musique et cinéma, « Sonje » s’inscrit comme un point de rencontre entre récit intime et création artistique partagée. Une manière de faire revenir le passé sans le figer, et de le laisser circuler autrement.