À travers une série de photographies réalisées à Port-au-Prince, le photojournaliste haïtien Clarens Siffroy documente les effets de la crise sécuritaire et humanitaire qui touche la capitale haïtienne. Cette série figure parmi les travaux retenus pour la finale du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre 2026.
Le concours, consacré aux journalistes couvrant les conflits armés, les crises humanitaires et les zones de tension, organisera sa 33e édition du 5 au 11 octobre 2026 à Bayeux, en Normandie, en France. L’événement prévoit des expositions, des projections de documentaires, des débats et des rencontres autour du travail des correspondants de guerre.
Être finaliste du Prix Bayeux est un immense honneur. Sur le plan personnel, c’est une reconnaissance du temps, de l’énergie et de l’engagement que j’ai consacrés à ce travail. Sur le plan professionnel, cela donne davantage de visibilité à mon travail et, surtout, aux histoires des personnes que je photographie. Je considère cette sélection comme une responsabilité autant qu’une récompense
Clarens Siffroy
Documenter une capitale marquée par la violence
La sélection de Clarens Siffroy repose sur une série de 10 à 12 photographies consacrée à Port-au-Prince, une ville confrontée à l’expansion des groupes armés, aux déplacements de population et aux conséquences sociales de l’insécurité.
« La série retenue porte sur Port-au-Prince sous l’emprise des gangs. Je l’ai réalisée dans un contexte marqué par les conflits, la crise humanitaire, la pauvreté et les catastrophes. Mon objectif était de documenter la réalité vécue par les populations concernées et de montrer des aspects souvent peu visibles ou peu médiatisés de leur quotidien », explique le photojournaliste.
À travers ces images, Clarens Siffroy cherche à rendre compte des expériences quotidiennes des habitants dans un contexte où l’accès à certaines zones et la couverture des événements restent difficiles.
Cette sélection intervient après son travail réalisé sur les réalités haïtiennes, qui lui avait permis de remporter un World Press Photo en 2025. Son parcours l’amène aujourd’hui à présenter une nouvelle série consacrée aux conséquences de la crise en Haïti dans une compétition internationale dédiée au journalisme de terrain.
« Une responsabilité autant qu’une récompense »
Pour Clarens Siffroy, cette nomination est liée à la visibilité accordée aux personnes photographiées et aux situations documentées.
« Être finaliste du Prix Bayeux est un immense honneur. Sur le plan personnel, c’est une reconnaissance du temps, de l’énergie et de l’engagement que j’ai consacrés à ce travail. Sur le plan professionnel, cela donne davantage de visibilité à mon travail et, surtout, aux histoires des personnes que je photographie. Je considère cette sélection comme une responsabilité autant qu’une récompense », confie-t-il à Chokarella.
Le photojournaliste revient également sur les conséquences humaines liées à la couverture de situations marquées par la violence et la précarité.
« Oui, ce type de travail a forcément un impact. Être confronté régulièrement à la souffrance, à l’insécurité ou à la perte est parfois éprouvant émotionnellement. J’essaie de gérer cela en prenant du recul lorsque je rentre du terrain, en échangeant avec des collègues et en accordant du temps à mes proches dit-il.
Professionnellement, ces expériences renforcent aussi ma conviction de l’importance du photojournalisme et du témoignage. Elles me rappellent pourquoi il est essentiel de documenter ces réalités avec respect, rigueur et humanité », souligne-t-il.
Un rendez-vous consacré aux correspondants de guerre
Créé en 1994, le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre distingue des reportages consacrés aux conflits, aux crises humanitaires et à leurs conséquences sur les populations civiles.
Le jury examine plusieurs critères, notamment la qualité journalistique, la pertinence du sujet, la rigueur du travail de terrain et la manière dont les reportages rendent compte des réalités vécues dans les zones touchées par les conflits.
La remise des prix de la 33e édition aura lieu à l’issue de la semaine d’événements prévue à Bayeux en octobre 2026.

